Dans quelques semaines commence à Menton la fête des citrons. Elle aura lieu du 17 février au 7 mars. Un grand défilé de chars décorés de milliers d'agrumes. Ceux de Menton sont devenus rares. Ils poussaient autrefois dans ce que les habitants de la ville appelaient joliment, une « campagne ». Une extension en quelque sorte de leurs jardins sur les hauteurs de Menton. Aménagés à partir du 16e siècle, ces jardins retenus par de petits murets de pierres seiches traversés par des allées et des escaliers étaient plantés essentiellement de citronniers et d’oliviers. On comptait au début du XXe siècle 100 000 citronniers dans la région de Menton. Ils n’étaient plus que 40 000 en 1956.

A Menton, l’agrume profite d’un micro climat favorable : les températures sont toujours supérieures de quelques degrés à celles des autres villes de la côte. Le Roc d’Orméa, la plus haute montagne de la Méditerranée située à moins de deux kilomètres de la mer, est une barrière protectrice pour ces citronniers qui aiment la douceur et l’humidité. Voilà pour la France mais si l'on passe la frontière à Menton, on se retrouve en Italie. On descend dans le sud comme on dit, on pousse encore plus loin jusqu'à la Côte amalfitaine. Et là, c'est une avalanche de couleurs franches : face à la Grande Bleue, le vert des arbres, le jaune des fruits.
Sur l'île de Procida, celle d'Elsa Morante et de Lamartine, face à Naples, il est un joli jardin où les citrons sont plus gros que des pamplemousses. On les cueille, on les ramasse aussi. L'opulence est telle qu'ils jonchent le sol. La nature va plus vite que les hommes qui produisent cependant une liqueur de citron, le limoncello. Attention, il y a du bon, du très bon et du tout venant. Idem pour les huiles au citron. A priori, on se dit bof bof, ça va avoir un goût chimique. On en trouve tellement qui ne sont que parfumées au citron. Celle dont je veux vous parler maintenant à la subtilité du citron lorsqu'il a poussé au soleil et que l'on gratte son écorce du bout de l'ongle. Une subtilité d'arômes.
Changement de cap, à l'ouest toute, l'huile au citron Oliviers&Co. est élaborée au Portugal avec des citrons cueillis verts. Et il n'est pas question de verser quelques gouttes pour aromatiser l'huile. On écrase les citrons avec les olives. C'est le secret, tout le secret de cette subtilité de goût.
Un goût vrai. C'est un peu naïf comme mot « vrai » mais je n'ai rien trouvé de mieux. Voilà on est dans la sémantique de la subtilité, de l'élégance, de la noblesse et donc du luxe. Bref, sur un poisson, c'est génial. Surtout si vous faites attention à votre ligne et à vos papilles. Lorsqu'on est à la diète, on se flûte, mince, ça ne va pas être bon. Et bien, il suffit d'un peu d'esprit et de bons produits pour faire une diète gastronomique. L'huile d'olive au citron, ça vous chamboule un plat. Vrai de vrai.
Allez goûter et si vous n'aimez pas, vous aurez le droit de râler.